Le Nil pour Harpocrate

 “L’Egypte est la plus lointaine des formes définies qui restent sur l’horizon du passé. Elle est la vraie mère des hommes.C’est comme une multitude immobile, et gonflée d’une clameur silencieuse”.  

Elie Faure, Histoire de l’art. 2

  

Les dieux se sont tus, depuis longtemps. Avec eux, les clameurs des anciens Egyptiens et de tous ceux, entre l’Asie et l’Afrique, qui leur avaient donné vie. Les dieux égyptiens? Tout, sauf de la pierre ou du granit. Martelés par les pillards et les iconoclastes, loin du vacarme assourdissant des villes, ils délimitent la fin d’un rêve, antérieur à l’idéal démocratique de la Cité, celui d’une société basée sur une certaine spiritualité et une véritable paix sociale. Les fils du soleil s’étaient persuadés que rien ni personne ne mourrait, d’où leur art funéraire... Que rien ni personne ne ferait oublier l’invention du Temple, abri des dieux les protégeant du profane et le vide quotidien d’un monde réclamant des tombes : “L’âme égyptienne laisse le sable monter autour des temples, le limon envahir les canaux, noyer les digues, l’ennui de vivre recouvrir lentement son coeur. Elle ne dira pas le vrai fond de son âme “ (E. Faure 2)...  Les dieux se taisent sans retour... Le long déroulement du Nil n’y changera rien. Ages perdus de l’Ancien Empire, début d’une course sans fin, bien qu’habitée de nostalgie.

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L'ombre d'un papillon dans les montagnes bleues

A PROPOS DE L’ESTHETIQUE JAPONAISE

« C’est mon lac intérieur / Dans l’ombre rôde un tigre noir » 

Haneko Tôta

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L’esthétique japonaise vaut la peine. Même si on lui reste étranger. Nous sommes toujours les « gaïjins » du Japon, les autres, « étrangers ». Les reflets mouvants de la culture japonaise, forment une mosaïque de silences, un archipel du mi dire. Un univers de signes fantasmés, pour une vérité de l’instant réel. Un plaidoyer esthétique en faveur de l’ombre et des non dits. Un art de vivre les silences ? A travers une mise en scène de la vie quotidienne, mêlant désirs et inquiétudes, beauté et vulgarité, fixations intemporelles et hédonisme détaché, tradition de toujours et modernité ultra.

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Beethoven en chemin, un génie à l'écoute

« Quand je joue ou quand je compose, c’est là que mon infirmité me gène le moins. »

L. van Beethoven (1770-1827).

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Que dire, tout aux silences d’une musique ineffable, des secrets du génie? D’une rive à l’autre de ses mélodies indicibles, là où nous transportent ses harmoniques d’ombre et de lumière : «Il ne s’agit pas de comprendre, mais d’aimer» (Monet, à propos des Nymphéas)...

Aimer la musique d’une oreille aimante, comme les petites et grandes émanations de la vie, entre les clichés, les légendes, les petits arrangements.

Ne pas vouloir tout expliquer… Ainsi, la sensitivité du créateur de la neuvième symphonie éclaire mal les processus à l’oeuvre. Le mystère de sa musique nous échappe.

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Pathomimies et Troubles Factices

“Omnis homo mendax”

Psaume CXVI, 11.

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Les descriptions de pathomimies sont bien connues depuis l’antiquité (38). Toutefois, ce n’est qu’en 1908 que Paul Bourget et Dieulafoy créent le terme de pathomimies pour désigner : “Un état morbide voisin de la mythomanie, caractérisé par le besoin qu’éprouvent ceux qui en sont atteints de simuler une maladie, parfois même au prix d’une automutilation ” (Dictionnaire des termes techniques de médecine, Garnier et Delamare édit., 1974).

Les pathomimies, ou troubles factices, sont donc des productions feintes et intentionnelles de signes ou de symptômes physiques ou psychologiques, dans le but de jouer le rôle de malade, sans autre motivation directement utilitaire.

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Hemingway, une Vie d'écriture

«Certains écrivains ne sont nés que pour aider un autre écrivain à écrire une seule phrase »

Ernest Hemingway (E.H.)

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La beauté voisine avec le silence. La justesse de certaines paroles, aussi. L’écriture d’une vie ? Au-delà des souffrances, et de la mort. Avec Hemingway, un univers créateur surmonte la peur, la douleur, la décrépitude. A travers l’intrication impressionnante d’un style, d’un homme et d’une œuvre. Echos énigmatiques, en mots et en images, comme le jeu subjectif des miroirs de l’existence. De paroles en mots, d’un sujet l’autre.

Une secrète invitation à prendre la plume, tout au respect de certaines expériences fondatrices.

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